Image à la une Fifty Shades of Grey
Focus Features
Nous aussi on a le droit de cracher sur Fifty Shades of Grey

Fifty Shades of Grey, c’est l’histoire de l’adaptation du best-seller le plus merdique de ces dernières années, qui est à la base une fan-fiction de Twilight, et dont on s’assurera qu’il soit assez soft pour les agences de notation.

Autant dire, c’est pas gagné.

Étonnement, le film semble recevoir un meilleur accueil que sa version papier mais ça ne suffit pas pour en faire une bonne comédie malheureusement. Il se dévoile assez terne, long, ennuyeux. Pour le personnage d’Anastasia (Dakota Johnson) c’est une succession de mordillages de lèvre, rougissements et d’hésitation à la signature du « contrat » pendant tout le film. Pour l’acteur Jamie Dorman dans le personnage de Christian Grey ce sont de longs regards dénués d’émotion qui peuplent la totalité du film. On peut cependant noter qu’il a au moins le mérite de bâtir un personnage fidèle à l’écran, un psychopathe contrôlé et compréhensif.

du SM à la Christine Boutin

En ce qui concerne les scènes de sexes, bien qu’assez limitées, 20 minutes seulement, ne vous attendez pas à quelque chose de transcendant. On aurait difficilement peint le sadomasochisme d’une manière plus softcore, les scènes n’ont absolument rien d’excitant, du SM à la Christine Boutin. En France le visionnage du long métrage est autorisé dès 12 ans, aux États-Unis c’est 17 ans ou accompagné d’un adulte, du tout public. Peut-être que le film aura au moins le mérite de lever des questions dans votre couple et d’augmenter les ventes de matériels spécialisés. Une hausse des ventes en sex-shops a d’ailleurs été observée aux États-Unis.

L’heure et demi restante sur la bobine est tout aussi monotone, le processus de séduction entrepris par Christian Grey est on ne peut plus cliché; une reprise de la Belle et la Bête, mais avec le tour en hélicoptère.

L’une des seules bonnes surprises est sans doute la bande originale, avec des artistes comme The Rolling Stones, Frank Sinatra, Annie Lennox et Elie Goulding. On se demanderait même si la bande originale n’est pas beaucoup trop bonne pour le contenu du film et semble même parfois en inadéquation. La BO est composée à la fois de musique inédite – « Love Me Like You Do » de Elie Goulding, « One Last Night » du petit groupe londonien Vault – et de reprises. Ainsi le tube de 1956, « I Put A Spell On You » d’Annie Lennox fait une parfaite introduction à cette bande-son.

En conclusion, on n’a pas trop aimé. Le pire dans tout ça, c’est sans doute le fait qu’il ne soit que le premier volet d’une trilogie, une adaptation non rythmée, incomplète par rapport au livre et même pas achevée en bref !

Le sadomasochisme c’est peut-être d’aller voir ce film en fin de compte, une allégorie. Vous nous avez bien eu !

À propos de l'auteur

Romain Colombat

Co-Fondateur et Rédacteur en chef de BUMKID.

author_user_url author_twitter author_facebook author_googleplus author_linkedin

Commentaires